"Pièce hybride, à mi-chemin entre tragédie de la jalousie et comédie sur la vertu du repentir et le triomphe de l’amour, The Winter’s Tale est aussi, comme les autres œuvres tardives de Shakespeare, une réflexion sur les pouvoirs démiurgiques de l’art et sur l’acceptation par le spectateur des artifices qui rendent l’illusion possible. Cette dimension métafictionnelle et métathéâtrale est manifeste dès le titre, qu’il faudrait, pour rendre la richesse des acceptions de la tradition narrative à laquelle il fait allusion, traduire sans doute tout autant par « conte à dormir debout » que par « conte d’hiver ». Univers païen et univers chrétien, tragédie et comédie, récit et spectacle dramatique, vraisemblance et merveilleux, art et nature, illusion et réalité, vie et mort : les éléments qui se côtoient dans la pièce ne cherchent pas à dissimuler leur nature antithétique, bien au contraire. C’est précisément sur cette présence simultanée de deux principes opposés que repose le mécanisme dramaturgique dont Shakespeare souligne les rouages. Tout comme dans la tradition narrative à laquelle le titre fait référence, ce qui compte, dès lors, n’est pas tant le récit lui-même que l’eff et qu’il produit sur le spectateur et le statut que ce dernier lui accorde. Autant de perspectives dont traitent les articles rassemblés dans le présent ouvrage, rédigés par des universitaires américains et français spécialistes du théâtre de Shakespeare. À ces éclairages critiques s’ajoutent les témoignages de Greg Hicks et David Farr, respectivement acteur principal et metteur en scène de la dernière production en date de la pièce par la Royal Shakespeare Company (2010)."
lundi 31 janvier 2011
Lectures de The Winter's Tale de William Shakespeare, sous la direction de Delphine-Lemonnier-Textier et Guillaume Winter, Presses Universitaires de Rennes - 2010
Pour ceux qui se préparent à l'agrégation, les fans de Shakespeare ou bien tout simplement pour ceux qui sont un peu curieux et qui souhaitent de nouveaux éclairages sur ce "Conte d'hiver".
samedi 22 janvier 2011
Se distraire à en mourir, Neil Postman aux Éditions Nova, 2010
Ce livre est paru en 1985 en anglais (américain) et en 1886 en français, c'est donc une réédition des Editions Nova, 18 €.
L'objet de Postman est de savoir qui de Orwell ou Huxley avait vu juste : vivons nous dans le monde de 1984 ou de Brave New World ? Postman penche pour la version de Huxley et c'est ce qu'il cherche à nous démontrer c'est que la télévision est un fléau !
Il y a des chapitres très intéressants, voir passionnants. Ainsi, dans le troisième chapitre on apprend énormément de choses sur les livres à l'époque des colons, par exemple que : "entre 1640 et 1700, le taux d'alphabétisation dans le Massachusetts et le Connecticut de situaient entre 89 et 95 %" et que "à partir de 1650, presque toutes les villes de Nouvelles-Angleterre passèrent des lois obligeant à la création d'écoles pour apprendre "à lire et écrire"". On apprend également qu'il existait des bibliothèques pour les ouvriers. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ayant la même langue, ayant de bons rapports, la littérature britannique a donc nourrit ces colons. Il a fallu attendre la fin du dix-septième siècle pour voir apparaître les début de la littérature américaine. Voilà comment il définit cette époque : "le livre était tout. Il n'y a avait ni films à voir, ni radio à écouter, ni exposition de photos à regarder, ni disque à passer. Il n'y avait pas de télévision. Toute l'activité publique était canalisée dans le livre et s'exprimait à travers lui".
Dans le quatrième chapitre intitulé "L'esprit typographique", Postman revient sur la capacités que les hommes avaient pour faire de longs discours (des phrases longues et complexes pendant plus de sept heures) mais il souligne surtout la capacité d'écoute, de compréhension de l'auditoire. Il a choisi de prendre pour exemple les débats entre Lincoln et Douglas dans les années 1850. Il souligne la qualité des orateurs qui utilisaient des nombreux procédés rhétoriques : sarcasme, ironie, paradoxes, métaphores... Il décrit ces débats qui se passaient dans une ambiance de fête : orchestre, vendeurs, possibilité de boire de l'alcool... et ou l'auditoire n'attendait rien, il était là pour "le plaisir de la langue". Bien entendu Postman souligne que tout était écrit à l'avance, c'était donc pour lui "l'expression d'une idée réfléchi", le langage étant "un instrument qui guide la pensée". Tout ça pour dire que les hommes pouvaient prendre du bon temps sans image, tout en entendant un langage complexe.
Il choisi ensuite de prendre l'exemple de la publicité. J'avoue avoir adoré ce passage, l'évolution du contenu du texte dans la publicité est très intéressante, en voici un petit exemple :
"Alors que de nombreuses personnes ont le malheur de perdre leurs Dents de Devant par Accident ou autrement, à leur grand Détriment non seulement Esthétique mais aussi quand elles Parlent en Public et en Privé : - Ceci est pour informer ces gens qu'ils peuvent remplacer par de Fausses qui ressemblent tout à fait aux Naturelles et apportent à ceux qui ne Parlaient quasiment plus, par PAUL REVERE, Goldsmith, assistant du Dr Clarke, Boston.".
Oui, la publicité, il fût un temps, était une entreprise sérieuse et rationnelle qui devait véhiculer l'information : mais l'image et les slogans en ont décidé autrement !
Puis, il attaque le télégraphe qui a selon lui "fait de l'information une marchandise". Vient le tour des journaux avec les "nouvelles du jour" (accidents, incendies, inondations...), de la radio... enfin de la télévision.
Bon, je pense que vous l'avez compris, ce livre est génial. Je ne vous raconte pas la suite, allez plutôt la découvrir.
jeudi 13 janvier 2011
Indignez-vous ! Stéphane Hessel, Éditions Indigène, 2010
Le petit livre d'un grand Monsieur.
Oui, il y a de quoi s'indigner et Monsieur Hessel nous rappelle pourquoi. Maintenant, je ne vais pas vous résumer un livre de 22 pages.
Déjà 500 000 copies vendues, tous le monde en parle, les gens font bien. Achetez-en plusieurs copies et faites plaisir autour de vous !
vendredi 10 décembre 2010
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett aux Editions Jaqueline Chambon
Un très joli premier roman, une fois que vous le démarrez il vous sera impossible de le lâcher. Je vous assure que vous allez engloutir ces 500 pages.
Cette histoire se passe à Jackson ville dans le Mississipi en 1962 à l'époque de Martin Luther King et de Rosa Parks. C'est donc dans cette ville raciste, ségrégationniste que nous retrouvons les trois personnages qui animent ce roman :
Il y a tout d'abord Miss Skeeter, la blanche gauchiste qui revenue de son université New-Yorkaise rêve de devenir journaliste. Nostalgique de sa Nanny noire qui a soudainement disparue, elle décide de choisir pour objet de travail le point de vue des bonnes noires qui sont au service de ses amies blanches.
Ensuite, il y a Aibeleen, la bonne de Miss Leeflot. C'est une femme intelligente qui déborde d'amour pour ses enfants : son fils mort et les enfants blancs qu'elle a élevé et qu'elle considère comme les siens.
Enfin, il y a Minny la bonne de Miss Célia, c'est une véritable écorchée vive. Minny est probablement le personnage que je préfère: une femme entière, juste et donc très maladroite. Minny est la meilleure amie de Aibeleen, celle-ci n'hésite pas à la protéger lorsqu'elle a des ennuis.
Parmi les personnages secondaire, on retrouve la vilaine Miss Hilly et la naïve Miss Célia. Certaines scènes du livre me font vraiment penser à certains épisodes de Desperate Housewives (la scène des toilettes déposés devant la maison de Miss Hilly, la dispute entre les deux femmes au repas annuel...).
Dès le début de l'histoire le décors est planté : les bourgeoises blanches décident qu'il est préférable à présent que leurs bonnes utilisent des toilettes diffèrents au sein de leur maison. Cette histoire de toilettes entre ces femmes blanches et leurs bonnes noires, n'est que la surface visible de l'iceberg de la relation qui est entretenue entre celles-ci. Miss Skeeter décide de recueillir les témoignages de différentes bonnes afin qu'elles puissent confier leurs points de vue et histoires sur leurs patronnes blanches pour en faire un livre. Pour Aibeleen et Minny c'est un exutoire, un défouloir, un soulagement. De ce livre va naître une véritable amitié entre ces femmes.
L'écriture de Stockett est simple, dynamique et très efficace. On est à la fois indigné, ému et amusé. Les personnages sont attachants et vraiment touchants. Profitez d'une journée enfermé à la maison à cause de la neige pour lire ce livre.
mardi 30 novembre 2010
Shakespeare & Co.
Nous sommes en 2010 après Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les FNAC et Virgin... Toute? Non! De petites boutiques d'irréductibles libraires résistent encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les supermarchés de la culture car on retrouve chez ces petits libraires des services et une convivialité que l'on ne retrouve nulle part ailleurs !
Cette fois c'est au tour de la célèbre librairie Shakespeare and Company qui se trouve rue de la bûcherie dans le 5e.
Pour la petite histoire, la première librairie Shakespeare & Co se tenait rue de l'Odéon entre 1919 et 1941. C'est Sylvia Beach qui tenait la boutique. Sylvia Beach fût la première a publier Ulysse de Joyce qui était alors interdit aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. A cette époque Shakespeare & Co était considéré comme le centre de la culture anglo-américaine à Paris. La boutique fut fermée en 1941 car Beach refusa de vendre a un officier allemand la dernière copie de Finnegans Wake de Joyce.
Une autre librairie, rue de la bûcherie, tenue par George Whitman repris le nom de Shakespeare & Co à la mort de Beach. Beaucoup d'écrivains de la Beat Generation ont logé dans la boutique. C'est maintenant Sylvia, la fille de George qui gère la boutique.
C'est un endroit incontournable où l'on retrouve des oeuvres récentes, des collections de livres anciens, de poche et d'occasion. Une visite dans cette librairie est un pèlerinage, les visiteurs n'hésitent pas a laisser un petit mot.
A l'étage, les livres ne sont pas à vendre, ils sont faits pour être lu sur place, vous pouvez donc vous installer et lire ce qu'il vous fera plaira.
Shakespeare & Company
37 rue de la bûcherie
75005 Paris
du lundi au vendredi de 10h00 à 23h00
samedi et dimanche de 11h00 à 23h00
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